Dissoudre une file d'attente avec le jeu géolocalisé SkipTheQueue

RÉGULATION DES FLUX ET GESTION DE L’ATTENTE DES VISITEURS

ou Skipthequeue, Solution de jeu adaptée à la gestion des files d’attente
Par ANTOINE IZARN, Consultant en marketing digital et IVO FLAMMER, CEO de Xilabs
Article paru dans la revue ESPACES • JANVIER-FÉVRIER 2019
Xilabs édite des jeux géolocalisés sur smartphone (de type chasse au trésor), qui transforment lieux de visite, destinations ou événements en espaces de jeu surprenants. À partir de son expérience, Xilabs a créé Skipthequeue, solution de jeu adaptée au contexte des visiteurs qui se trouvent dans une file d’attente. Pour le visiteur, le jeu est une façon d’occuper agréablement son temps d’attente tout en découvrant l’environnement du site qu’il va visiter.

Un lieu de visite à forte fréquentation peut-il faire disparaître une file d’attente tout en gardant ses visiteurs ? Peut-on occuper agréablement leur temps d’attente tout en préservant à chacun sa place dans la file et en garantissant, bien sûr, son entrée ?

Afin de répondre à ces questions qui préoccupent aujourd’hui les directeurs de musées et de parcs d’attractions, Xilabs a mis en place une solution de jeu géolocalisé sur smartphone.
Spécialiste des jeux de géolocalisation sur smartphone et objets connectés, partenaire dans ce cadre de Nokia et de SFR depuis dix ans, la société Xilabs a déposé deux brevets concernant l’amélioration de l’expérience du joueur en situation de mobilité (nomad user experience). Xilabs anime une cinquantaine de sites dans le monde, avec des jeux comme Aventure GPS notamment, ce qui représente environ 200 000 joueurs.
Ces jeux, qui peuvent être permanents ou ponctuels, sont déployés par exemple à Megève, Haguenau, Ajaccio, Shanghaï, ou lors d’événements tels que Futur en Seine. En analysant les statistiques de l’usage des jeux, Xilabs observe le comportement de ses joueurs : où vont-ils ? comment réagissent-ils à un défi ? quelles sont les jeux qui les incitent à faire un par- cours dans la campagne ? quelles sont les contraintes de sécurité à respecter dans l’espace urbain ? Ce qui lui permet de définir et d’enrichir l’ergonomie des jeux et d’avoir de nouvelles idées.
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Consultant marketing digital – Conception et lancement d’offre produit
De nombreux responsables de sites touristiques, d’offices de tourisme, de musées, de parcs d’attractions, d’événements… sollicitent Xilabs parce qu’ils cherchent à développer l’attractivité de leur site et à divertir leurs visiteurs, parfois dans une démarche ludo-éducative.
Depuis 2017, une autre motivation anime un certain nombre d’entre eux : la sécurité. En effet, que ce soit pour visiter le Louvre, aller voir un match de foot ou participer au Salon de l’entrepreneur, la question est toujours la files d’attente ? Hier, c’était une simple source de désagrément pour un visiteur de moins en moins patient. Aujourd’hui, la question devient vitale en cas de menace d’attentat.

C’est pourquoi, à partir de son expérience dans les jeux géolocalisés, Xilabs a créé Skipthequeue, solution de jeu adaptée au contexte des visiteurs qui se trouvent dans une file d’attente. Ce jeu est destiné à “dissoudre” une file d’attente en répartissant les visiteurs de lieux à forte fréquentation.

Notons que la technologie de Skipthequeue se greffe sur une solution de billet virtuel, qu’elle soit préexistante sur le site de visite ou mise en place à l’occasion de l’intégration de Skipthequeue. Cette intégration se fait en complète transparence. Les visiteurs reçoivent leur numéro de file d’attente sur leur mobile et partent ensuite explorer les alentours. Ils sont rappelés au moment opportun pour entrer dans le musée sans qu’ils aient perdu leur place dans la file d’attente initiale.
Concrètement, la solution développée pour “dissoudre” les files d’attente fonctionne de la façon suivante. Le jeu est proposé au visiteur quand il rejoint la file d’attente, mais ne peut entrer tout de suite en raison d’une affluence trop importante. Le visiteur reçoit virtuellement sur son smartphone un numéro qui lui précise son temps d’attente. Il peut alors décider de jouer, seul ou avec d’autres visiteurs, grâce à un jeu GPS sur son smart- phone. Par exemple, en décryptant les inscriptions mystérieuses d’une façade de monument. La durée du jeu est adaptée à l’attente (entre 20 et 90 minutes, en général).
Cette solution permet ainsi de réduire la file d’attente en repoussant la visite à un temps ultérieur ; elle peut permettre aussi, par exemple, de désengorger un centre-ville en attirant ses visiteurs vers des points de visite plus excentrés.
Elle s’appuie sur un algorithme d’intelligence artificielle qui, associé à un jeu géolocalisé, séduit, divertit et emmène les visiteurs d’un site, souvent stressés et impatients, vers d’autres lieux qui sont à proximité. Au lieu d’attendre en piétinant, les visiteurs jouent et découvrent, à l’occasion d’un parcours individualisé, tels ou tels lieux situés aux alentours du lieu de visite. Ils récupèrent ensuite leur place pour l’accès à la visite grâce à un billet virtuel. Chaque joueur ou groupe de joueurs reçoit son propre itinéraire – on ne suit pas les autres joueurs. La thématique du jeu est définie avec le gestionnaire du site ou de l’événement, en phase avec le thème du lieu, de l’exposition ou de l’événement.
La solution Skipthequeue ne réclame pas de personnel supplémentaire pour l’organisateur. La sécurité des joueurs est essentielle. C’est avec le client que nous définissons les zones et les non-zones de jeu, ainsi que la sélection des points d’intérêt (POI) vers lesquels on va guider les joueurs. Ce peut être, par exemple, une gargouille, une statue, des reliefs inhabituels sur une façade, le nom de l’architecte d’un immeuble ancien, l’année de construction d’une fontaine publique, un petit parc, un type d’arbre rare, le curieux nom d’une ruelle…, voire un POI créé sur place et sur mesure. Les endroits dangereux sont, bien entendu, toujours exclus du terrain de jeu. Les défis lancés par les jeux sont habituellement de type observation et promenade. Ainsi, pour éviter que les joueurs ne traversent une rue sans regarder, la rapidité n’est jamais récompensée.
Les visiteurs d’aujourd’hui supportent de moins en moins d’attendre, même dans des lieux à forte fréquentation. Ils souhaitent que l’organisateur de leur visite trouve des solutions pour remédier à cette situation désagréable. Le jeu géolocalisé ludo-éducatif, qui surfe sur le succès des escape games et de Pokémon Go, est à même de séduire des visiteurs de tout âge.

Xilabs, qui développe Skipthequeue, est d’abord un éditeur de jeux géolocalisés sur smartphone. Témoignages de sites touristiques ayant utilisé l’un de ces jeux :

CITÉ DES TÉLÉCOMS À PLEUMEUR-BODOU. La chasse au trésor permet de faire comprendre à un public de 8 à 14 ans l’intérêt et le fonctionnement des satellites. Chaque participant choisit son avatar (la figurine virtuelle qui va le représenter dans le jeu). Ensuite, répartis en équipes, les joueurs doivent faire preuve d’astuce et de sens de l’observation pour remplir les missions qui leur sont données. Ici, par exemple, il s’agit d’un réseau entre amis intergalactiques qui est défaillant, et il faut être la première équipe à le réparer. Défi à atteindre en un temps donné, compétitivité, émulation entre équipes concurrentes, humour et monde virtuel qui se projette sur un lieu bien réel d’exposition, tels sont les principaux ingrédients qui expliquent le succès de ce jeu.
Selon Estéban Jonneaux, médiateur scientifique du parc de loisirs : “Au niveau ludique, on ne peut pas faire mieux aujourd’hui. Il y a de l’animation, de la technologie, de la nouveauté, et ça permet aussi de pouvoir se détendre alors qu’on est en train de visiter un centre d’ex- position.”
VILLE D’HAGUENAU. Sandhaas Run est un jeu GPS de réalité augmentée dans lequel la mascotte de la ville d’Haguenau, le fameux Sandhaas, se cache (en réalité augmentée, bien évidemment) dans certains détails du patrimoine médiéval, par exemple en lieu et place d’une statue décapitée. La responsable multimédia de la médiathèque d’Haguenau a apporté sa connaissance historique du patrimoine pour ce divertissement. Voici son commentaire : “Il y a sept monuments de la ville à découvrir. Le jeu permet vraiment de faire une circulation dans tout le centre-ville et de regarder autrement les monuments devant lesquels on a l’habitude de passer sans forcément lever la tête. La plupart des gens connaissent déjà ces monuments. Avec le jeu, ils les regardent d’une autre façon, les observent dans le détail, de tous les côtés, et se rendent compte que là, sur cette statue, il y a un personnage auquel il manque une tête. Ils ne l’avaient jamais remarqué.”
OFFICE DE TOURISME DU PAYS D’AJACCIO. “Le jeu Napoléon Aventure propose aux visiteurs un parcours de découverte sur le thème de Napoléon. Le jeu permet de dévier activement le flux des joueurs vers des endroits moins connus que le centre-ville historique d’Ajaccio, engorgé pendant l’été. Il les conduit, par exemple, à la citadelle ou sur la place du Général-de-Gaulle, où se trouve un monument de la fratrie Bonaparte”, explique Mario Zannier, responsable digital de l’office de tourisme du pays d’Ajaccio.
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Quelques idées pour 2019…

Chers amis, clients, partenaires, voici mon bilan de 2018 et quelques idées pour 2019 :

Les CEO, CMO, DG de startup ou de PME, les porteurs de projets avisés… savent que le succès n’arrive pas par hasard ou par magie. C’est bien la connaissance de leur marché qui les éclaire et leur permet d’élaborer une stratégie gagnante[1]. Ensuite, lever des fonds ou trouver un partenaire stratégique devient beaucoup plus facile : les investisseurs s’intéressent à une bonne étude de marché. C’est pourquoi j’ai mené en 2018 quelques études de marché qui éclairent sur les clients, les concurrents, l’écosystème de quelques marchés porteurs et leur évolution probable sur trois ans. Cette méthode utilise des recettes éprouvées pour lancer une activité : validation du business model, test d’un prototype, définition d’un usage correspondant à une technologie, recommandations, identification d’un partenaire-clé ou de l’investisseur adéquat…

En 2018, j’ai ainsi fait des études de marché sur les secteurs de la tech prometteurs et passionnants : e-santé, edtech/formation professionnelle, blockchain, e-commerce, e-tourisme.

Une fois qu’on a quelque chose d’intéressant à leur dire, il est beaucoup plus facile de rencontrer des prospects et de signer avec eux des accords. Pour le compte de startups ou de PME, j’ai organisé l’an dernier 45 rendez-vous très ciblés pour que mes clients rencontrent leur cible. Ces échanges avec des directeurs marketing de grandes entreprises, des responsables digitaux, des PDG, etc. m’ont permis de signer quatre contrats de vente et un accord de diffusion stratégique.

Par quoi la transformation digitale des grandes entreprises et des institutionnels se traduira-t-elle concrètement en 2019 ? On sait aujourd’hui que « le smartphone – 80% des français en 2017 l’utilisent, selon une étude Deloitte – est devenu un levier primordial pour réussir sa transformation digitale. » et que « Dans un parcours client digitalisé, il faut rechercher la simplicité, la fluidité, le visuel, l’émotion. »[2] C’est pourquoi j’ai travaillé en gamification et UX-UI Design avec Xilabs en 2018 pour que le jeu géolocalisé transforme l’attente des touristes et mettent les avatars sonores au service du parcours du visiteur d’un musée. D’autres applications sont en préparation dans d’autres secteurs, comme l’immobilier, les travaux publics, les centres commerciaux, les véhicules autonomes…

L’apprentissage de l’histoire n’est pas oublié : avec « Aventure Napoléon », le jeu géolocalisé a emmené cet été les visiteurs des journées napoléoniennes d’Ajaccio d’un point à un autre de la ville. Ils se sont amusés à remonter le temps en réalité augmentée avec leurs jambes… et leur tête !

Parce que le marché chinois est une chance pour le développement international de nombreux secteurs comme le luxe, la gastronomie, le vin, le tourisme, l’aéronautique, le machine learning, j’accompagne FisheyefilmAsia qui produit avec son équipe franco-chinoise des films promotionnels qui captent l’attention des Chinois. N’hésitez pas à voir le film « Je vois la vie en Vosges », diffusé en 2018 sur Air France auprès de 3,2 millions de passagers chinois. Présenté au festival du film franco-chinois, il vous surprendra par les analogies entre les Vosges et la Chine ! … dévoilées par Philippe Leboeuf, sacré depuis « le meilleur hôtelier du monde 2018 » :

 

A noter : au Chinese Business Club, FisheyefilmAsia interview aussi en chinois les présidents des grandes entreprises françaises et chinoises et portent leurs messages sur Youku, le Youtube chinois. Quelques exemples : Ming-Po Cai, CEO Cathay Capital, Guillaume Pépy, Président de la SNCF, Patrick Pouyanné, PDG de Total, etc. Que du beau monde, en somme !

Un grand merci à tous les clients et partenaires qui m’ont fait confiance en 2018 !

Antoine Izarn

[1] « Les start-ups se cachent pour mourir » par Stéphanie de Roguin et William Türler

[2] Cyndie Guez dans Les Echos Solution du 10 août 2018

Une bonne étude de marché, c’est quoi ?

Si je compare l’idée que je me faisais de l’étude de marché quand j’étais étudiant, ce qu’on m’a demandé de faire quand j’ai commencé à travailler chez des éditeurs de logiciels et de média (Microsoft, Lagardère, etc.) et a fortiori ce que j’ai dû faire quand j’ai lancé une collection de jeux vidéo dans la distribution (Fnac, Amazon, et tout et tout), je mesure la profondeur du gouffre qui sépare deux univers : celui de l’enseignement et celui du business.

Dans les manuels, ça paraît simple. On nous explique : « Vous voulez trouver un nouveau marché ? Faites donc une étude de marché sérieuse, comparative, chiffrée et documentée. »

♦ Question : « C’est à dire ? »

♦ Réponse du manuel (scolaire, pas Valls) : « Eh bien, pauvre larve, va chercher fissa les chiffres nécessaires, fais-nous tout plein de beaux tableaux bourrés de pourcentages, de ratios et de tendances et vois si les produits de ton marché sont globalement en hausse, puis choisis intelligemment le créneau qui s’est développé le plus ces dernières années ! »

étudiant, étude de marché, entreprenariatAprès quelques heures de copier-coller et une bonne migraine, due à un excès de google, google, google… puis excel, excel, excel…ou autre, on aboutit alors à un chiffrage à au moins six chiffres « le marché mondial du fer à souder est estimé à 4 milliards d’unités par an. Celui de l’objet connecté a une croissance de 300% par an pour les deux ans qui viennent. Mon marché potentiel est donc de « juste » 30 millions d’unités par an, au bas mot. Sans compter les coups de bols toujours possibles, le contraire serait trop moche. » Et à ça, on ajoute ensuite 4 ou 5 beaux camemberts de parts de marché, convaincu que les fers à souder d’hier, faits par des ringards qui n’ont rien compris à l’avenir, ont bien du souci à se faire.étude de marché, étudiant, rechercheA la fin de ce parcours de rat de bibliothèque en ligne, on alors peut exposer fièrement une ou deux magnifiques courbes asymptotiques démontrant doctement que le futur produit à promouvoir ne peut faire autre chose qu’épouser harmonieusement la bonne tangente, celle qui va tous nous remplir les poches.

Arrêtons-nous un instant sur les pensées intimes de cet humble exécutant :

♦ « J’ai fait un chiffrage sérieux. On va donc me prendre au sérieux »

♦ « Pourquoi ce futur produit ne marcherait-il pas ? Il ne peut pas être plus mauvais que les autres puisqu’on me l’a confié, à moi personnellement. » ou encore « Pourquoi cette idée que j’ai eu d’un concept de chapeaux pour animaux ans en voyant le chat de ma voisine éternuer ne cartonnerait-elle pas ? » et « Finalement, mon cousin Hector a raison, je suis un bon à rien et rien de nouveau ne se fera sous le soleil »

♦ « Je ne vais en parler à personne car on va me piquer l’idée »

♦ « Personne n’a encore pensé à cette idée géniale. Quand on va présenter cette idée au marché, ils vont crier au génie, puis nous faire un gros chèque pour commencer à produire. »

Passons en revue ces pensées intimes et passons-les à la moulinette zinguée de la réalité :

Pensée intime N° 1 : « J’ai fait un chiffrage sérieux. On va donc me prendre au sérieux »

FAUX. En fait, les profs, la famille, les potes et ceux qui veulent être sympas avec vous vous diront au mieux « C’est très intéressant ces chiffres ! ».

Traduction : « Continue tes élucubrations, tocard ! Du moment que ça ne me coûte rien, je m’en tape complètement… ».

Et, au fait, à qui s’adresse-t-on quand on fait une étude de marché ?

1/ à des partenaires possibles : d’autres personnes qui, comme vous veulent développer une activité nouvelle et qui ont l’avantage de ne pas vous ressembler. C’est à dire qu’ils sont comptables et rigoureux si vous êtes un rêveur, extravertis si vous êtes timides, matheux si vous êtes littéraire ou inversement. Bref, des gens qui vous complètent utilement, avec qui vous êtes capables de discuter sans vous donner des tartes et qui ont aussi envie de se lancer dans une aventure sans zapper toutes les deux minutes vers autre chose de mieux.étude de marché, entrepreneur, startup, investisseurs2/ à investisseurs potentiels, publics (BPI, etc.) ou privés (business angels, plateforme de crowdfunding).

3/ à des clients, grands comptes ou distributeurs (ex : la Fnac pour des produits culturels).

Dans les trois cas, l’idéal est d’arriver avec une réalisation concrète à montrer : une maquette pour une appli, une fausse boîte pour un produit, une fausse pub pour un service à la personne… Mieux encore, l’idéal de l’idéal est d’avoir commencé à vendre sa production, que ce soit sa production intellectuelle (ex : du conseil informatique, du rédactionnel…) ou physique (des bijoux, un jeu de société, des assiettes incassables, des croquis qui présentent une nouvelle ligne de vêtements connectés …). On va alors vous regarder un peu de travers… C’est bon signe, ça veut dire qu’on vous prend enfin au sérieux !

Pensée intime N°2 : « Pourquoi ce futur produit ne marcherait-il pas ? Il ne peut pas être plus mauvais que les autres puisqu’on me l’a confié, à moi personnellement. » et « Pourquoi cette idée que j’ai eu d’un concept de chapeaux pour animaux ans en voyant le chat de ma voisine éternuer ne cartonnerait-elle pas ? » et pensée intime N°3 : « Finalement mon cousin Hector a raison, je suis un bon à rien et rien de nouveau ne se fera sous le soleil ». Ces deux idées de sens contraires s’annulent, étant aussi stupides l’une que l’autre. Pour vous en convaincre, je citerai Geluck :

« L’optimiste voit le verre à moitié plein. Le pessimiste voit le verre à moitié vide. Et aucun de ces deux cons ne se demande pourquoi on ne leur sert que des demi-verres. »

et Talleyrand :

« Tout ce qui est excessif est insignifiant. ».

Pensée intime N°4 : « Je ne vais en parler à personne car on va me piquer l’idée ». Cette pensée renvoie à cette autre réflexion : « Devrais-je partager mes idées personnelles avec quelqu’un d’autre que mon chien ? »… formulée par Guy Kawasaki (créateur de plusieurs start-up et d’une société de capital risque, auteur de « l’Art de se lancer », Ed. Diateino) et qui y répond ainsi : « La seule chose qui est pire qu’un entrepreneur paranoïaque est un entrepreneur paranoïaque qui parle à son chien. Si le seul fait de parler de votre idée la rend difficile à protéger, cela veut dire qu’il n’y a pas grand-chose… Plus vous parlerez aux gens, plus vous enrichirez vos pensées. ». Même si la Californie de ce serial entrepreneur au nom de moto est à 8964 kms de notre beau pays, je lui donne raison à 100%.idée, produit, startup, entrepreneurPensée intime N°5 : « Personne n’a encore pensé à cette idée géniale. Quand on va présenter cette idée au marché, ils vont crier au génie, puis nous faire un gros chèque pour commencer à produire. » Vous connaissez la réponse : « … si personne n’y a encore pensé, c’est louche ! » S’il y a des concurrents sur le coup, c’est plutôt rassurant, surtout pour les clients et les investisseurs potentiels. Quoiqu’il en soit, que votre produit soit très innovant ou non, il vous faut à tout prix rencontrer les acteurs du marché (éditeurs, distributeurs, acheteurs, responsables marketing, commerciaux, responsables de stand présents sur les salons, etc. bref tous ceux ce que vous pouvez rencontrer.), c’est même la première chose à faire, une fois que vous aurez préparé quelque chose de sérieux à leur dire.

Du type : « 1/ J’ai rencontré vos confrères (on vous écoutera alors miraculeusement) et 2/ je connais bien telle ligne de vos produits (allez-y à fond dans le détail de l’exemple pris pour montrer que vous connaissez le sujet mieux que votre interlocuteur), 3/… or votre concurrent cartonne avec celui-ci(prouvez ce que vous dites), alors êtes-vous intéressé à ce qu’on vous montre quelque chose qui y ressemble et qui est mieux et moins cher ? ».

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Votre interlocuteur vous écoute ? Il fait la grimace ? Il objecte ? Il vous chicane ? Bravo ! Ca veut dire que vous avez gagné la première manche et que vous venez de pondre une étude de marché, la bonne, celle qui sert à avancer vers l’étape suivante.